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Le Père Cent

FRANCE / 2019 / 52' / COULEUR / VF
Genre
Documentaire de création
Scénario
Didier ROTEN et Sallah LADDI
Réalisation
Sallah LADDI
Production
ANEKDOTA Productions

Cent jours avant le baccalauréat, des lycéens descendent par milliers dans les rues pour célébrer le Père Cent.

Ce rite de passage, qui prend sa source au Moyen-Age, fut longtemps l’apanage des militaires pour marquer la fin de la conscription, avant de devenir, notamment dans le Sud- Ouest et l’Est de la France, une occasion festive pour les jeunes de se rassembler avant l’épreuve du bac qui marquera leur entrée dans une nouvelle étape de leur vie.

Le Père Cent des lycéens, bien que différent du Père Cent militaire, en conserve nombre d’attributs : déguisements, appropriation de l’espace public, « charivari »...

Ce phénomène varie d’une ville à l’autre. A Bordeaux par exemple, où les jeunes, toujours déguisés, convergent vers le centre-ville et se « battent » lycée contre lycée, on assiste à des pratiques paroxystiques qui dégénèrent en affrontements plus que symboliques à coup d’œufs, de farine, voire de mobilier urbain…

Dans d’autres cas, comme à La Rochelle, les lycéens se déguisent et investissent par groupes, les différents carrefours, feux rouges et ronds-points, afin de  demander aux automobilistes une obole. Chacun déborde d’imagination dans l'élaboration des déguisements, d'autant que les automobilistes ne sont pas insensibles aux choix des costumes exhibés. Le fruit de cette quête (qui peut aller jusqu’à plusieurs centaines d’euros) est mis en commun pour être dépensé dans les bars et boites de nuit qui profitent de l’aubaine…

A Vierzon, Niort, ou Metz, les jeunes défilent dans la bonne humeur, en exécutant des saynètes ou chorégraphie plus ou moins travaillée.

Mais ces manifestations spectaculaires ont leurs revers : « bindge drinking » biture expresse, bris de bouteilles, déchets en tout genre, dégradations urbaines, rixes...

Aujourd’hui, de nombreux rectorats, appuyés par les municipalités, tentent d’interdire ces pratiques par peur des débordements qu’elles peuvent engendrer.

Ce rendez-vous annuel participe pourtant au processus de socialisation des jeunes et leur permet d’expérimenter l’espace public et urbain, ainsi que le rapport à l’autre, de manière autonome.

Au lycée, chez leurs parents, entre amis, comment préparent-ils le Père Cent ? Choix des costumes, du meilleur lieu pour une récolte pécuniaire abondante, choix de l’équipe, de la parité garçon/fille ou non… Quel sens a pour eux ce moment singulier ?

Qu’est-ce qu’un rite de passage, à quoi sert-il et que révèlent-il de notre société ?

Quid de la fonction de la fête ?

Et qu’en est-il du monde des adultes qui portent un regard tantôt bienveillant, tantôt inquiet sur ces regroupements festifs ?

Pour répondre à ces questions, nous suivrons au plus près, sur plusieurs mois, un certain nombre de lycéens et passerons le Père Cent à leur côté, nous solliciterons des anthropologues, sociologues,  historiens qui ont travaillé à la lumière de leur discipline respective les différentes dimensions de cette tradition. Nous envisageons également de produire des modules courts et autonomes sur le modèle des nouvelles écritures du réel diffusés sur plateformes reprenant la célébration du Père cent dans différents lieux de l’île de la Réunion à Verdun en passant par Nancy.